Publié le 13 Juillet 2011

série APPROCHES ©Garnesson- 08 06 2011 - dessin 110x75 cm

Le géant Cy Twombly est mort hier à Rome, la nouvelle est tombée ce matin. Me voici le jour même – Paris XIVème –  dans l’atelier paisible et clair où Laurence Garnesson crée. Elle est là, bien vivante comme l’abstraction qu’elle réinvente et qui saute aux yeux dès que la porte s’ouvre. Ces immenses dessins à la pierre noire claquent comme des emblèmes « archaïques ». L’artiste aime ce mot et elle a bien raison. La série Approches éclate comme un manifeste. Un défi : « Approche ! » Comme un appel impérieux venu du lointain intérieur. Des « noirs » d’une profondeur peu commune coexistent avec la précision de tracés ciselés. Laurence Garnesson dessine comme on sculpte directement sur la peau du papier. Elle laisse ainsi fuser la sensualité minérale de cette pierre d’alchimie[1]. L’œuvre frappe par son minimalisme sulfureux et sa densité émotionnelle. Le silence s’anime devant ces grands papiers burinés, frottés, griffés, caressés, aimés. Balancement des masses noires et spontanéité des lignes comme des « Crayonnés »[2] chers à Mallarmé. D’ailleurs, on trouvera sur un coin de table, une citation du poète qui, parlant du mystère d’écrire, suggère : « Qui l’accomplit intégralement, se retranche ! ». Idem en peinture !

texte©Antoine Campo

tableau©Approches de Laurence Grnesson

A paraître dans la Bible de l'art abstrait aux éditions Lelivredart. Disponible en librairie et Fnac en janvier 2012.



[1] Schiste carboné.

[2] Stéphane Mallarmé, Crayonné au théâtre, 1887.

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Rédigé par Antoine Campo

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Publié le 10 Juillet 2011

Mobile-fleau-de-songes-etranges---acrylique-sur-toile-130.jpg

MICHÈLE CHARLES-NICOLAS

Dans la simplicité accueillante de son atelier parisien, je retrouve cette toile qui a marqué mon imagination : Mobile fléau de songes étranges. Rejaillissent d’emblée ces mots essentiels d’Aimé Césaire, poète qui inspire depuis toujours l’artiste Michèle Charles-Nicolas :

 

j'habite un long silence

j'habite une soif irrémédiable

j'habite un voyage de mille ans

 

Tâches, couleurs, accidents, transparences, harmonies, tout contribue à mettre le spectateur dans cet état second propre à la rêverie. Dans la quête obstinée d’un langage poétique, le geste est voué à "spiritualiser la matière".

©Antoine Campo

A paraître dans la Bible de l'art abstrait aux éditions Lelivredart. Disponible en librairie et Fnac en janvier 2012.




incandescence-copie-1.jpgIncandescence

©Michèle Charles-Nicolas 

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Rédigé par Antoine Campo

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